La réduction des inégalités d’apprentissage

Depuis le Décret-Missions de 1997, l’« approche par compétences » fait partie du prescrit légal qui pilote le métier d’enseignant avec l’objectif ambitieux de préparer tous les élèves à faire face efficacement à la complexité du monde qui les entoure. Cependant, mal comprise et/ou mal appliquée, cette approche risque d’accroître les inégalités de résultats entre élèves.

De façon plus générale, et bien avant que l’« approche par compétences » n’ait été adoptée en Fédération Wallonie-Bruxelles, de nombreux travaux de recherche ont soutenu et soutiennent encore la thèse selon laquelle les « pédagogies invisibles » (Bernstein, 1975), caractérisées par un cadrage faible de la part de l’enseignant (peu d’étayage et peu de médiation entre l’élève et le savoir) mettent en difficulté l’apprentissage de certains élèves. D’autres montrent que de nombreux outils, notamment les manuels scolaires, mis à disposition des enseignants sont potentiellement vecteurs d’inégalités d’apprentissage, notamment pour les élèves dont le profil socio-cognitif ne facilite pas la perception des attentes, parfois implicites, des enseignants.

Il y a donc un véritable enjeu démocratique pour l’école à construire des situations d’apprentissage, des outils et des modes d’étayage qui favorisent l’atteinte d’objectifs ambitieux par tous les élèves. Et particulièrement, pour les élèves moins préparés par leurs modes de socialisation familiale, à aborder des situations ouvertes et cognitivement porteuses, à développer des démarches de traitement de l’information systématiques et rigoureuses, des attitudes de réflexion critique sur les situations, leur contexte, et l’approche qu’ils en ont eue, et, in fine, des savoirs de qualité. Cette problématique de recherche sur les risques d’inégalités d’apprentissage n’est donc pas sans implication au plan de la formation des enseignants.